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Comment la crise fait évoluer les entrepreneur(e)s

Témoignages d'entrepreneur(e)s qui rebondissent

· Startups,Témoignage,Startup Life,Startup Challenge

Prenons du recul. La période qui s'ouvre sera remplie d'incertitudes. Il faut savoir s'adapter, être réactif(ve), improviser, adopter de nouvelles méthodes, de nouveaux outils, changer ses priorités. Nos entrepreneur(e)s ont pris quelques minutes précieuses pour répondre à notre question : après la crise, comment allez-vous évoluer dans la manière de mener votre startup ? Cette crise sanitaire ne marque pas la fin des startups, mais elle marque une étape importante dans leur évolution, nous vivons comme une époque de résilience générale. Voici leurs témoignages.

Renforcer ses convictions

Nous vivons une situation extrême, qui démontre que les entrepreneur(e)s ont les idées et les convictions indispensables pour l'avenir. Leurs projets font encore plus sens.

Anaïs Dattner a co-fondé Tuttis, une plateforme qui facilite les échanges de savoirs et d’expérience entre infirmiers et infirmières. Anaïs Dattner a été elle-même infirmière auparavant et sens d'autant plus l’urgence de cette mission qui est décuplée pendant la crise : " - Après la crise, le monde va changer, il va se recentrer sur les choses essentielles. L’entraide et le partage prendront alors tout leur sens. Les savoirs d’expérience acquis pendant cette crise seront mis en avant pour les partager. Les professionnels de la santé pourront se saisir de Tuttis, d’autant plus que nous avons pour projet d’ouvrir la plateforme à tous les professionnels."

Héropolis est une plateforme digitale sécurisée de gestion de crise, justement. Elle permet d'émettre, de traiter et de recevoir des alertes géo-localisées. A la veille du confinement, Jean-Yves Ingéa, cofondateur d'Héropolis, a passé un dimanche au téléphone avec l'un de ses clients pour adapter son application à ses besoins précis et spécifiques : " - Ce que nous a appris la crise, c’est que notre startup doit être encore plus près de l’expression des besoins de ses clients, parce que les risques sont fluctuants, les choses vont très vite et nous devons donc être sûrs que le client n’est pas seul face à l’outil et que l’on puisse l’accompagner le plus possible. Au-delà du développement de notre logiciel, ce qui va changer pour nous, c’est un renforcement de nos capacités métiers." Une preuve que les bonnes solutions doivent être complétées par une réaction agile des startups.

Collecticity est une plateforme de financement participatif par prêt ou don des projets publics en France. C'était une évidence pour son co-fondateur, Marc Payan, qui s'engage tous les jours pour les collectivités, de s'engager plus particulièrement auprès des hôpitaux en fédérant leurs appels aux dons dans ce contexte : "- Ce qui est certain, c’est que la crise a mis en exergue les graves difficultés du secteur hospitalier. Nous avons une vocation évidente à travailler avec ce secteur, qui fait lui-même partie du secteur public. Cela va nécessairement accélérer nos actions au bénéfice de ce secteur en fédérant les acteurs autour de leurs enjeux pour leur permettre d’avoir plus de ressources. Le contexte actuel renforce également nos convictions d’esprit collectif. On voit bien que ce qui fait défaut dans les mesures de confinement, c’est le manque de sens du collectif. On espère que cette crise va renforcer cette nécessité de partage et de solidarité au profit de toute la population française. C’est le sens-même de notre action, nous allons donc poursuivre car nous sommes davantage convaincus que c’est nécessaire." Nul besoin de rappeler que l'engagement et la mobilisation citoyens ont toujours été nécéssaires.

Effency a développé le premier coach digital en intelligence collective au service de la cohésion d’équipe. Frédérique Chabbert, sa fondatrice, constate : " - La crise a développé massivement l’usage des outils collaboratifs à distance. Tous les gens à qui l’on s’adresse ont mis à disposition de leurs équipes des outils : Slack, Teams, Zoom,… autant de bonnes solutions mais qui ne sont pas suffisantes pour maintenir la forte cohésion. Ces outils sont par ailleurs en forte croissance. À titre d’exemple, Teams représentait 32 millions d’utilisateurs avant la crise, il en représente 44 millions actuellement." Avec le travail à distance qui explose, son projet est devenu une mission plus que urgente : " - Nous avons donc profité de la situation pour tisser des partenariats avec des organismes de formation, tels que The IO, cofondé par Startup Inside et Le Village by CA. La crise est donc un moyen de reconsidérer notre offre et de la mettre à disposition de nos utilisateurs d’une manière différente. Et puis d’un autre côté, nous nous sommes appliqués à nous-mêmes nos bonnes pratiques : nous avons par exemple instauré des "Mornings", 30 minutes réparties en 15 minutes de café ensemble, puis 15 minutes de récap de ce qu’on a fait la veille et de ce que l’on va faire le jour-même. Cela nous a permis de renforcer la cohésion de notre équipe. C’est vraiment ce genre de bonnes pratiques dont nous voulons faire bénéficier les équipes, les managers comme les collaborateurs, telle est la passion qui nous anime !"

Brigitte Thito, a fondé Family Self Care pour développer un distributeur intelligent et connecté de santé naturelle, pour aider les familles à gérer leur santé au quotidien. Elle qui jusqu'ici a eu de nombreux challenges à relever très spécifiques à son activité, a relevé son premier challenge qui nous concerne tous : " - La crise a vraiment eu un effet révélateur a plusieurs niveaux : notre vision de santé préventive a été confortée et le besoin marché s’est renforcé puisque notre application Selfcare1® a déjà été téléchargée plus de 4000 fois. Une solidarité s’est manifestée dans notre écosystème : certains partenaires se révèlent des éléments moteurs de notre ambition, des membres de notre équipe se sont distingués par leur mobilisation. Nos solutions, réponses à de nombreux problèmes de bien-être lié au confinement, doivent être mieux mises en avant. Enfin, nos efforts Made in France sont récompensés. Ces révélations m’ont permises de revoir nos priorités en valorisant mieux tout le parcours déjà accompli et en misant sur les piliers avérés solides de notre écosystème."

Changer de rythme

Accélérer

Lazare Ake et Sonia Devi Ung, CEO et CMO de Max’Sens Innovations, proposent une gamme de solutions d’entraînement immersives combinant neurosciences, IA et VR. Comme la plupart des autres entrepreneurs, ils ont dû repousser leurs limites : "- L'agilité est dans notre ADN, mais face à la crise, nous sommes devenus encore plus réactifs et nous avons encore renforcé notre écoute des besoins de nos clients. A leur demande, nous avons maximisé l’usage des outils collaboratifs pour le travail d'équipe et la formation à distance. En parallèle, nous avons accéléré le processus de levée de fonds pour assurer le lancement des nouveaux produits à destination des élèves, des étudiants et contre l’Illettrisme.

- Notre modèle était basé sur l’usage de casques de réalité virtuelle. Le confinement a arrêté tout contact et toute formation en présentiel. Parallèlement, la formation à distance a fait un bond de 1000%. Nous avons donc lancé le développement en urgence des versions PC et MAC pour répondre à la généralisation du télétravail !" Mais cette période a été également transformée aussi pour eux en opportunité, leurs outils s'inscrivant bien dans la l'accélération de changements déjà entamés au sein des entreprises qu'ils sont heureux d'accompagner.

Le cas de Fabrice Lallemand, fondateur d'AFULudine, est très spécial. Sa startup fabrique du lubrifiant propre et non graisseux alternatif aux produits pétroliers, éco-responsables et haute performance. Cependant avec la crise, il interrompt tout de suite le travail habituel de ses usines pour lancer une nouvelle production : entre 1.5 et 2 tonnes de gel hydro-alcoolique par jour. De plus, c'est en effet pour lui un afflux de commande exceptionnel : "- Cela nous a poussé à revoir non seulement la prise de commande mais aussi la gestion des commandes et la logistique. Cela nous a beaucoup fait grandir car nous avons dû mettre au point de nombreuses procédures pour pouvoir livrer correctement nos clients avec ce type de volume. Si vous avez un besoin urgent de solution hydro-alcoolique, vous pouvez nous contacter sur notre site Internet ou sur nos réseaux sociaux : nous vous répondons 7 jour/7." L'illustration parfaite de la capacité d'adaptation des startups.

Ralentir

Antoine Créhalet a lancé ADN.AI, pour connecter les marques aux assistants vocaux, les conseiller dans leur stratégie vocale et le développement de leur application pour préserver leur ADN de marque. Il a notamment lancé pendant le confinement le site onvousaime.fr, pour soutenir le personnel en première ligne via des messages vocaux. Il nous invite a prendre du recul : "- Après la crise, je pense que l’on va aller moins vite, tout simplement. Avec ce confinement, nous nous sommes posé la question : « A quoi sert d’aller vite ? ». Pour l’instant, nous sommes assez solidaires, nous nouss apercevons qu’il y a aussi des choses simples dans la vie, alors il faut en profiter, cela ne sert à rien d’aller vite et de se presser inutilement. Nous allons donc prendre un peu plus notre temps."

Enfin, Victoria Benahim, fondatrice d'I-Lunch, qui propose aux entreprises la livraison de repas sains et gourmands élaborés dans ses cuisines, nous partage un message d'espoir : "Nous allons ressortir plus forts de cette crise. Le « monde d’après » ne sera pas le même que le « monde d’avant », nous allons complètement évoluer. Ne serait-ce qu’au sein de notre startup : nous avons découvert le télétravail, les visio-conférences, et nous sommes en train de mettre en place un autre service pour communiquer avec nos clients. Et lors du déconfinement, les collaborateurs n’ont qu’une hâte : revenir au travail pour se retrouver. Après cette période de privation, nous espérons que les gens vont prêter plus d’attention aux détails du quotidien. Ne serait-ce que déjeuner un repas I-Lunch dans un contenant "0 déchet" [Rires]. Ces petites choses qui auparavant semblaient insignifiantes vont commencer à avoir plus de valeur. Nous pensons également que le marché va complètement évoluer, notamment pour la restauration collective avec la généralisation du télétravail. Nous préparons donc le marché du futur et le monde de l’après-Covid, qui sera un monde optimiste, positif et à reconstruire. Nous travaillons donc avec toute l’équipe sur la reconstruction de l’avenir."

S’il y a donc des entreprises qui son capables de rebondir, d’agir, de s'adapter à une situation exceptionnelle, ce sont les startups. Pour retrouver les témoignages de ces entrepreneur(e)s, écoutez leurs interviews dans le podcast "La Parole Aux Startups", sur Radio Village Innovation.

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